Poster un commentaire

Léopold Beau

Mes recherches sur mes ancêtres Andrieux de Morlaix et Pleyber-Christ m’ont amenée à travailler sur le microcosme de la bourgeoisie négociante du XIXe mais surtout je me suis intéressée aux artistes régionaux de cette époque dont Léopold Beau d’où est issu l’article paru dans la revue de généalogie du Finistère « Le Lien » en 2005. 

M-F Bastit-Lesourd .

Léopold Beau . Un artiste morlaisien . 

1811 Léopold naît à Morlaix le 25-10-1811, quai de Tréguier, dans une famille de négociants originaires de la Gironde et installés à Morlaix depuis 1734 environ . Il est l’aîné des fils de Jean-baptiste BEAU et Marie-Jeanne-Agathe FAVIER dont le dernier enfant, Alfred est connu comme aquarelliste, peintre, photographe et directeur artistique de la faïencerie Porquier à Quimper. Les deux frères ont dix-neuf ans d’écart mais sont très proches et il est l’initiateur d’Alfred en dessin et en aquarelle.

Keranroux par L.BEAU

Lithographie de L.Beau

 Jean-Baptiste, est baptisé le 19 août 1783, à St Melaine. Il occupe les postes de chef de bureau de la Manufacture des Tabacs et de receveur de l’Hospice.

De son mariage le 18 juin 1808 avec M-J-Agathe Favier naîssent sept enfants. Un des frères de Jean-Baptiste, François-Bernard-Marie, Président du Tribunal de Commerce, a épousé une  demoiselle Riou, Jeanne-Aimée-Laurette, soeur de Marie-Sébastienne, épouse de François-Marie Andrieux. Léopold est d’ailleurs parrain du troisième enfant de ces derniers, Pauline, née en 1816.

Léopold ne se lance pas dans une activité de négoce mais va essayer de vivre de ses talents artistiques. Si certains le disent élève de Delaroche peintre de sujets historiques, il représente plutôt des paysages régionaux.

L’Académie en 1816 reconnaît le paysage et ceci dans la suite de Valenciennes qui en 1800 a fait paraître  Les éléments de perspective pratique à l’usage des artistes, traité qui va codifier la représentation du paysage pour longtemps. La peinture du paysage devient donc à la mode en France et s’inscrit dans le mouvement romantique avec le goût de l’épanchement et celui d’une fusion avec les éléments naturels. Léopold Beau est tout à fait dans le mouvement dit “ naturaliste” avec un graphisme minutieux, réaliste et la tentative d’animation de la scène par l’introduction de personnages conventionnels du type de l’ânier dans sa lithographie du château de Keranroux.

Des collectionneurs locaux apprécient ses oeuvres comme Mr le vicomte de Tromelin ou Mr Berger de Brest (de son vrai nom Vögelsberger- maire de Brest) et il expose à Paris, aux salons de 1831 à 1836, des aquarelles inspirées de la Bretagne .

Lors de son mariage à Lesneven en 1840 avec Françoise Caroff ( il a 29 ans et elle 16 ans ), Léopold est artiste peintre mais à la naissance de son deuxième fils, il est professeur de dessin.

En 1841 il est professeur de dessin au lycée de Lesneven (cf manuscrit de Mr Claude Le Menn) et le Principal , l’Abbé Chenu , signale à l’académie « les écarts de conduite des enseignants laïcs et dénonce au recteur les régents qui tiennent en classe des propos peu favorables à la royauté et les oblige à assister aux offices religieux de l’établissement « .

« Il communique aux administrateurs les mauvais états de service du professeur de dessin Léopold Beau. Le bureau d’administration rend son verdict en ces termes : »son traitement de 1200 francs lui est maintenu mais l’administration prie Monsieur le Maire de faire connaître à ce fonctionnaire qu’il devra apporter dans l’accomplissement de ses devoirs plus d’ exactitude que par le passé et se conformer en ce qui le concerne, aux règlements établis pour tous les professeurs de l’établissement. Il aura soin de fournir à M. le Principal, au moins tous les huit jours, des notes sur les progrès de ses élèves » .

Les professeurs sont médiocrement rémunérés comme le reconnaît le recteur d’académie et nombre d’entre sont obligés d’avoir des activités annexes comme la retouche de photographies.

Pécheuse de coquillages par L.BEAU aquarelle

Pêcheuse de coquillages par L. Beau, aquarelle, coll privée.

La famille réside rue Notre-Dame et selon Denise Delouche, ils reçoivent à leur domicile nombre d’artistes, peintres et lithographes. Ils ont pour voisin et ami Daniel Miorcec de Kerdanet, érudit local qui est  présent lors du mariage .

Mais pourquoi ce mariage eut-il lieu à 7 heures et demi du matin un jour d’automne ? Il ne s’agissait pas d’une cérémonie à la sauvette vu le nombre important de témoins présents.

Alfred vient rendre visite régulièrement à son frère, ce qui est facilité par l’arrivée du train et l’on connaît l’aquarelle d’une jeune fille de Lesneven et quelques paysages de la région.

Léopold s’intéresse aussi aux avancées techniques et artistiques et il réalisera une aquarelle de la lanterne magique. Il s’agit du DIORAMA, procédé de Bouton et Daguerre qui précède la photographie et consiste en toiles de grandes dimensions, peintes sur les deux faces et qui par des systèmes d’éclairage donnent l’illusion de la réalité. A Paris, cette animation installée non loin de l’immeuble où résidait la famille Souvestre à partir de 1837, attira les foules de 1822 à 1839 date où les bâtiments brûlèrent . A Brest, en 1851-1852, le peintre-photographe Adolphe Disdéri se ruina avec son associé Diosse dans un projet de Diorama et il quitta la ville où son épouse Elizabeth Francart-Disdéri poursuivit l’activité de l’atelier photographique. Mais Léopold se rendit-il jusqu’à Paris ou bien se contenta t’il d’un voyage à Brest?   

Le père de Léopold, Jean-Baptiste Beau, décède à Morlaix en octobre 1846 et leur premier fils, Léopold, en 1854, âgé de 17 ans.

Françoise, son épouse, est devenue à la suite de sa mère, directrice de la Poste de Lesneven mais elle décède le 24 mars 1863, âgée de 39 ans. L’année suivante, Léopold meurt à son tour le 26-10-1864, laissant deux orphelins, Agathe, la fillette, n’ayant que sept ans. 

Louis, le fils survivant, épouse Caroline Mac Auliff le 24-08-1875 à Clisson -44-. Photographe à Lesneven, il décède à 35 ans.

Agathe  épouse en 1891, Jean Edern, étudiant en pharmacie à Nantes. Tous deux sont âgés de 35 ans.

Peu d’œuvres de cet artiste qui fut sûrement le premier maître de son frère Alfred et qui l’initia à l’aquarelle peuvent être répertoriées aujourd’hui. Le musée de Brest en possédait mais suite à la destruction de la ville pendant la dernière guerre, plus rien ne subsiste des collections du musée.

Ses lithographies sont de bonne facture et il est certain qu’il s’intéressa à la photographie. Répertorié par Burty dans son dictionnaire comme « Petit Maître  » il dut avoir un certain rayonnement en Bretagne Nord mais son nom n’a pas vraiment laissé trace dans l’histoire locale. 

Eléments généalogiques:

Ascendance BEAU

Beau Etienne, marchand boucher qualifié de bourgeois en 1706. Il épouse Jeanne MOULIE ou MOUILHER dont au moins 9 enfants nés à Blaye, paroisse de St Romain

1) Jean-Baptiste ° le 16-11-1703 ( parrain Jean MOUILHER maître chirurgien, marraine Marie Beau)

2) Jean ° le 17-02-1705

3) Léonard ° le 19-06-1706

4) Pierre ° le 27-07-1707

5) Jean ° le 25-12-1708

6) Jean-Joseph ° le 23-01-1710

7) Antoine ° le 28-09-1717

8) Jean ° le 19-02-1919

9) Marguerite ° le 21-10-1720

IV ème génération

III 1) Jean-Baptiste. Il s’établit comme négociant à Morlaix où il sera Consul et administrateur de l’hospice public. Il épouse le 08-02 1734 à Mx St Mathieu, Marie-Anne Hénard( fille de François-Joseph, sieur de la Malière et d’Anne Le Loutre née le 19-10-1706. dont au moins 10 enfants

IV 1) Anne-Marie baptisé le 26-11-1734

IV 2) Michel baptisé le 1736

IV 3 Marie-Jeanne-Marguerite baptisée le 25-09-1737

IV 4 Marguerite-Josèphe baptisée le 17-09-1738. Elle épouse Jean Dessaux, négociant, en 1807

IV 5 Bernard baptisé le 27-01-1740 . négociant à MX il épouse Marie-Angélique Chassin

IV 6 Marie-Joseph baptisée le 06-06-1841

IV 7 Louise-Michelle baptisée le 27-02-1743

IV 8 Jean-Baptiste ° le 19-06-1744

IV 9 Théophile Anne Michelle baptisé(e) ? le 20-04-1746

IV 10 Marie-Mauricette ° le 12-10-1748

Vème génération

IV 5) Bernard-Marie Beau épouse le 28-07-1767 à St Melaine Marie-Angélique Chassin

V1) Jean-Baptiste-Marie Beau baptisé le 19-08-1783 à Mx St Melaine, négociant, chef de bureau à la Manufacture des Tabacs de Mx il épouse le 18-06-1808 Marie-Jeanne-Agathe Favier d’où 5 enfants

V2) Bernard Pierre Marie baptisé le 18-03 1785

V3) Jean Marie Antoine baptisé le 13-07-1786

V4) François Bernard Marie baptisé le 27-01-1788, négociant, président du Tribunal de commerce. Il épouse le 22-04-1812 Jeanne Aimée Laurette RIOU (fille de Pierre Marie RIOU et de Marie-Jeanne LE GOFF) d’où 5 enfants

V1Jean Baptiste et Marie Agathe FAVIER

VI 1)Agathe Julie Marie

° le 15-11-1809 à Mx + le 19-08-1827

VI2) Jean Louis Bernard Léopold

° le 25-10-1811

VI 3) Bernard Victor Marie

° le 22-11-1814

VI 4)Jean François Jules Marie

° le 27-01-1826 + le 03-11-1827

VI 5) Alfred Léopold Pascal

° le 23-07-1829 à Mx + à Quimper le 11-02-1907

Léopold épouse le 25-11-1840 à Lesneven à 7h30 du matin Françoise CAROF née le 27-02-1824 fille de feu Désiré Carof en présence de nombreux témoins :

– Gustomez C ou A.

– Ad Beau Alfred, frère , 11 ans.

– Favier Céphise . grand-tante maternelle, décèdera à 99 ans et instituera Alfred son légataire .

– Hardy E.

– Carof Maria, mère de la mariée.

– Beau Victoire.

– Beau Caroline. ? cousine germaine de Léopold née en 1819 fille de Bernard Beau et Jeanne Aimée Laurette Riou

– Beau Bernard . oncle ou frère du marié .

– Carof S , Sylvain oncle de la mariée dont le père, Désiré, est DCD . Juge de – Paix , il est l’époux d’Anne-Sophie Marzin .

– Canfort ?

– Beau

– Miorcec de Kerdanet D., Daniel, docteur en droit âgé de 40 ans

– J Beau oncle du marié ? Jean-Marie Beau, 54 ans oncle du marié

– Carof V, Vincent, oncle, percepteur à Ploudalmézeau, époux de Marie-Jeanne-Marguerite Mallet

– Decleer ainé.

– Carof J, Jacques -oncle de la mariée, né en 1787, époux de Reine Perrine Aymez dont un fils Sylvain

notaire Paul Le Clech ou témoin

notaire : Le Saux pour le contrat de mariage .

De cette union naîtront 3 enfants :

– Léopold, Baptiste, Désiré, Sylvain né le 27 -10- 1841. Il décède en 1854 à l’âge de 17 ans.

– Louis, Jean, François, Marie né le 16-04 -1846.

– Agathe, Francine, Angélique, Marie née le 22-06-1856 .+ (certaine généalogie fait décéder Léopold en 1849 ce que contredit la naissance de sa fille en 1856).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s