Poster un commentaire

Jules-Jean Feillet et Eugénie Pinchon

Dans la continuité de l’exploration des cercles familiaux et amicaux de l’écrivain Émile Souvestre et des mouvements utopiques du 19ème en Bretagne, nous croisons parfois le nom de Jules-Jean Feillet. Engagé dans la marine, il n’a pas participé directement à la période saint-simonienne. Cependant, de par son réseau il a pu  influencer Émile Souvestre, dont il devient le parent par alliance. Après l’adhésion à la doctrine de Saint-Simon, ses choix l’ont ensuite porté vers le fouriérisme. Cet article est une biographie et une ébauche sur ses engagements car les documents dont je dispose sont très limités sur ce sujet.

Cet article est issu de celui paru dans la revue des Cahiers de l’Iroise et du Léon et enrichi de nouvelles données. J’y adjoins des données sur sa soeur Léocadie Feillet-Dagorn installée à Oran et qui eut sans doute une influence sur son engagement fouriériste.

M-Françoise Bastit-Lesourd, janvier 2017 

L’enfance de Jules Feillet

Jules-Jean naît le 24 février 1809 à Lorient. Il est le fils de Joachim Pierre né le 26 sept 1776 à St Servan 35 et de Louise Chauvel née  en  1777 à St Pierre en Terre-Neuve, mariés à St Malo le 24 thermidor an 12 = 1804.

Louisa Marie sa soeur aînée était née en avril 1805 à St Servan.

Joachim leur père est commis de marine (CC7 ALPHA 864). Il est en poste à Lorient . En 1809, il est agent-comptable sur la «Cybèle » et est absent pour la naissance de Jules Jean. La famille habite rue du port à Lorient.

Deux ans plus tard, une fillette vient agrandir la famille, Pauline Léocadie née le 31 mai 1811 à Lorient.

Joachim Feillet est ensuite nommé en 1816 à Miquelon où il s’installe en mai. Les anglais avaient repris ce territoire à la France en 1793 et la rétrocession officielle des îles par les anglais n’eut lieu que le 22 juin 1816. La petite colonie des français qui se fixe  là-bas est confrontée à des conditions de vie rudes et ils sont aussi placés dans la nécessité de procéder à la remise en état des installations portuaires et à l’édification totale de leurs habitations qui avaient été détruites lors du conflit. Dans l’attente de l’achèvement de leurs demeures, ils sont contraints de vivre sous les tentes. Joachim est alors commis de marine 2ème classe. Son épouse vient l’y rejoindre quelques semaines après avec les enfants. Le recensement de Miquelon de 1823 à 1828 ne mentionne plus la famille Feillet mais peut-être le père est-il alors en poste à St Pierre, l’île principale. L’absence de recensement pour ces dates sur internet ne nous permet pas de l’assurer.

 Une petite Armantine naît en novembre 1816 mais n’atteint pas les neuf mois. Elle est décédée vers le 21 mai 1817 selon les recensements de Miquelon.

Jules-Jean passe une partie de son enfance à St Servan en Ille et Vilaine chez sa tante paternelle, Thérèse Feillet (Saint-Malo 2-3-1791 – Saint-Servan 11-9-1867). Elle est l’épouse d’Antoine Chevallier,(Saint-Servan 5-10-1787 – Saint-Servan 30-10-1842) capitaine au long cours et négociant de cette ville. Sa cousine Thérèse Marie  Chevalier, née le 2-11-1821 deviendra l’épouse d’Emile Victor Barbot né à Saint-Servan le 27-3-1807 et qui est élève en  pharmacie à Brest du 23-5-1826 au 5-10-1832 sous la direction de Vincent pharmacien de cette ville puis s’installera ensuite à St Servan ou Dinan.

Feillet y croise sûrement la famille Beslay mais également un jeune homme qui sera saint-simonien et proche du fouriérisme, Peter-Tom Hawke, enseignant d’anglais à Angers et dessinateur-lithographe qui fait partie de la sphère amicale rapprochée d’Émile Souvestre. J.J. Feillet joua sans doute un rôle dans l’établissement de ce réseau républicain autour de l’écrivain E. Souvestre.

La formation de Jules Feillet

Étudiant au lycée de Rennes de 1824 à 1825, il est pensionnaire et il fréquente un groupe de jeunes gens issus de familles de négociants et armateurs des côtes bretonnes et d’autres dont les pères ont été des acteurs de la révolution de 1789. Il se lie d’amitié avec les morlaisiens Aristide[2] et Prosper Andrieux, parents et amis de l’écrivain Émile Souvestre mais également avec plusieurs autres jeunes gens tels Ange Guépin[3] qui seront des républicains convaincus aux multiples engagements sociaux. Ce dernier fut un correspondant de Victor Considerant.

Des alliances matrimoniales vont par la suite consolider ces liens. C’est ainsi que les nièces d’Émile épousent  l’une Jules-Jean Feillet, une autre Aristide Andrieux.

Jules-Jean a pour correspondant à Rennes un oncle maternel, Chauvel, résidant place Toussaints.

Jules-Jean passe le concours d’entrée pour l’École de la Marine à Angoulême et vu son jeune âge a besoin d’une dispense. Malgré sa réussite, il ne peut cependant intégrer l’école et de juin 1825 à août 1826, il apparaît qu’il est parti rejoindre ses parents à St Pierre et Miquelon où il poursuit ses études sous la férule d’un professeur qui signe une lettre de recommandation pour la présentation au concours.

Ce professeur se nomme Alexandre Duhamel. Originaire aussi de St Malo, il enseigna à Angers puis, installé à St Pierre et Miquelon, il y fait office de notaire-greffier. Il est le frère du mathématicien Jean Marie Constant Duhamel[4], ancien élève du lycée de Rennes et faisant partie du groupe de jeunes gens qui fondent le journal « Le Globe » et qui sont à la base du mouvement saint-simonien : Désiré Roulin, Paul Dubois, Alexandre Bertrand, Joseph Blin. Ce réseau d’aînés va peser son poids dans l’introduction des plus jeunes au mouvement.

Jules-Jean entre au collège d’Angoulême le 12 novembre 1826 qui est devenu simple école préparatoire et il y étudie jusqu’au 8 octobre 1827.

En 1810, suite aux insuccès de la marine française, Napoléon va impulser la création d’ « Écoles spéciales de la Marine » pour former en trois ans des officiers de marine. Les jeunes gens sont admis entre 13 et 15 ans et obtiennent un brevet d’aspirants qui permet à ceux qui le peuvent de passer le concours d’Enseigne de Vaisseau. Les élèves sont embarqués à Brest sur « L’Ulysse » rebaptisé « Tourville ».

En janvier 1816, suite à la seconde abdication de l’empereur, ces écoles sont supprimées et les aspirants soumis à une épuration sévère.

L’école de la Marine d’Angoulême est alors fondée pour instruire les futurs officiers de marine. Elle est située en plein milieu des terres par le choix du duc d’Angoulême, Grand Amiral de France. La formation est basée sur un enseignement théorique mais va former des officiers jugés incompétents du fait d’absence totale de contact avec le milieu maritime et de plus taxés de mollesse car non élevés à la dure. Ils disposaient par exemple d’une chambre personnelle. L’école ferme en 1827.

Jules-Jean Feillet présente donc le concours d’entrée à l’école de la marine d’Angoulême où il est reçu en 1826. Sa tante paternelle Thérèse Chevalier née Feillet, qui l’accueille en l’absence de ses parents en poste à St Pierre et Miquelon, l’aide à monter son dossier et se porte garante pour la fourniture du trousseau et le versement de la pension. Pour y entrer, il fallait aussi faire preuve de son attachement au roi et apporter des lettres de bonne moralité ce que fit J.J. Feillet.

Thérèse Feillet est la fille de François Feillet et de Françoise Aubin. Elle est née et baptisée le jour même du 29 mai 1764 dans la paroisse St Pierre et Georges à Rennes. Ses parrain et marraine sont Gilles François Bellier et Thérèse Droüin. 

 

Les états de service de Jules-Jean Feillet :

Entre au collège d’Angoulême le 12 novembre 1826  jusqu’au 8 octobre 1827 puis gagne la nouvelle école à Brest.

Le 19 octobre 1828,  Jules-Jean est donc élève au port de Brest, à terre puis embarqué sur « L’Orion » le 12 novembre 1828 jusqu’au 1er octobre 1829.

La vie y est dure, très organisée pour éviter l’inaction à des jeunes gens dans la force de la jeunesse. Le choix avait été fait du navire-école pour la mise en situation aux conditions de la navigation mais également pour éviter les débordements divers à terre avec des duels et des abus sur la population civile brestoise dépassant les chahuts d’étudiants.

images école navale

L’article de la revue « L’Illustration » T.8, mars-août 1846. p.344. décrit la vie à bord avec des gravures.

Les élèves arrivent à bord la première semaine d’octobre et sont pris en charge chacun par un ancien qui adopte  « un fiston ». Quel fut celui de Jules-Jean ?

Les élèves sont organisés en deux divisions, bâbord et tribord, soit des pelotons de douze élèves et donc sont quatorze tables au moment des repas. Ils sont servis par quatorze domestiques. La cuisine revient à 70 centimes par jour aux familles.

Levés à cinq heures du matin par la battue de la « diane »,  ils ont des cours et des exercices entrecoupés de trois récréations. Les professeurs ne séjournent jamais à bord et logent à terre. La grande chambre sert de salle à manger et de salle de réunion pour tous les membres de l’état major du vaisseau. Le dimanche est jour d’inspection par les supérieurs.

Le choix du navire ancré en rade de Brest avait des inconvénients pour la vie à bord et les cours dont tout particulièrement le mal de mer pour un grand nombre des occupants.

Du 19 octobre 1828 au 12 novembre 1828 Jules-Jean Feillet est à terre.

Du 12 novembre 1828 au 1er octobre 1829, il est sur « L’Orion ».

Ensuite les embarquements vont se succéder sans que soient notés des jours de congés à terre.

Élève de première classe le 26 juillet 1830. Il est en méditerranée et océan jusqu’en novembre 1830. Il est noté dans les premiers rapports, avoir un fort caractère et être un peu indiscipliné.

Fin 1830, il embarque pour des voyages au long cours aux Antilles et au Mexique et n’est de retour en Bretagne que le 11 octobre 1832 où il a huit jours à terre et il retourne à bord le 18 de ce même mois. A cette date son ami É. Souvestre est arrivé depuis peu à Brest en compagnie de sa seconde épouse Nanine Papot.

Est-ce à cette période qu’il rejoint le mouvement fouriériste ?

Jules Feillet est dit St simonien puis  avoir eu une expérience fouriériste de 1832 à 1834.

En septembre 1831, É.Souvestre, juste après le décès de sa première épouse, fait le voyage vers la Bretagne avec Édouard Charton qui vient diffuser la doctrine saint-simonienne. Ce dernier s’était ensuite réjoui de l’accueil reçu à Brest. Quelques temps plus tard, un petit groupe de brestois se rend chez Louis Rousseau dans son domaine de Keremma et Charles Pellarin se félicite d’avoir obtenu l’adhésion de Rousseau à la nouvelle doctrine.

Jules Feillet n’a pu avoir de contact direct avec lui car, suivant ses états de service, il navigue pendant plusieurs mois et n’est de retour qu’en octobre 1832 donc un peu après la période saint-simonienne et la rupture d’un grand nombre d’adeptes avec Prosper Enfantin. Mais sans doute recevait-il des lettres de ses amis qui le tenaient au courant des mouvements qui agitaient les jeunes gens.

Le groupe des fouriéristes n’aurait été que de 3 ou 4 personnes à Brest. Le médecin Charles Pellarin est parti sur Paris à cette époque où, selon J-Y Guengant, Feillet rejoint le groupe des phalanstériens constitué autour de Charles Fourier en août 1832.

Selon Touchard, l’agronome Louis Rousseau quitte le mouvement saint-simonien en mai ou juin 1832 pour le fouriérisme et envoie au préfet du Finistère  le 20 août 1832, les onze premiers numéros du  Phalanstère avec un vif éloge de Fourrier. Jules Feillet est donc encore dans les mers lointaines à cette date et n’eut sans doute connaissance des changements de ses amis qu’à son retour en octobre 1832.   

Sa carrière se poursuit et il est nommé enseigne de vaisseau le 1er janvier 1833.

Il navigue de nouveau un mois puis du 12 novembre 1833 au 1er janvier 1834, il est à terre à Brest. Il a donc tout loisir de s’investir dans l’action politique et de retrouver ses amis de jeunesse.

Puis il passe du 1er janvier au 12 avril 1834 une période au port de Lorient, suivie de plusieurs mois de navigation sur «La Chimère », un navire à vapeur. Il est donc absent pour le mariage de sa sœur, Léocadie qui épouse le 12 septembre 1834, Jean Marie Dagorn, originaire de Tréboul et demeurant à Poullan où les parents Feillet se sont installés pour la retraite.

C’est ensuite à Toulon qu’il passe une partie de l’année 1835, du 1er janvier au 17 octobre, suivie d’un temps à terre au port de Brest du 17 octobre au 1er décembre 1835.

Il embarque ensuite pour les Antilles du 8 décembre 1835 au 10 février 1837. Ses états de services sur «La Terpsichore » sous la plume du commandant Le Tourneur donnent une vision élogieuse de J.J.Feillet : « excellent jeune homme, bon fils… ». Et pourtant un courrier dans son dossier donne une toute autre vision de Feillet. Il apparaît que le commandant de « La Lionne », le capitaine de corvette de Parnajon, s’est plaint à plusieurs reprises de Feillet trouvant que « cet officier n’a ni zèle, ni bonne volonté pour son service ; il n’a pas de commandement ; est d’un caractère difficile à vivre. Je n’ai pas eu à me louer de lui ». Ceci est en totale contradiction avec toutes les annotations précédentes lors des différents embarquements et le Contre-amiral DEBELL écrit alors, après avoir rencontré les protagonistes : « Je ne doute pas que cet officier placé sous les ordres d’un bon capitaine ne rende de très bons services. Il est homme de cœur et m’a paru homme capable ».

Jules Feillet lors de ces évènements est âgé de 28 ans et n’est plus le jeune marin dont était noté le caractère un peu indomptable lors de ses premiers temps à l’École Navale. Tous ses embarquements mentionnent ses compétences et la maturité qu’il a acquise. Que s’est-il passé ? La vie d’officier naviguant vient-elle à lui peser alors qu’il envisage de se marier ? C’est ce qu’il fait en novembre 1837. Il épouse Aimée Eugénie Pinchon, une des nièces de Souvestre, fille de François Pinchon et de Francine Souvestre qui résident à Taulé. Mais il ne connaît la vie de famille que pour une brève période de trois mois et demi.

Il navigue sur la corvette « La Nièvre » en rade de Brest pendant un mois puis embarque pour l’Isle Bourbon sur « La Dordogne ». Son épouse est restée dans sa famille à Taulé et c’est dans la demeure parentale qu’elle accouche d’une petite fille, Lucie, le  1er novembre 1838. Elle ne revoit pas son époux avant de longs mois.

– Lieutenant de vaisseau le 6 octobre 1841

– Chevalier de la Légion d’honneur  26/04/1845.

Les Élections de 1848

Suivant les actes du Colloque de Daoulas[5] sur les saint-simoniens, J.J. Feillet est candidat aux élections du 23 avril 1848 tout comme E.Souvestre et Louis Rousseau. Son beau-frère Aristide Andrieux[6], républicain, partagé entre ses liens familiaux,  s’active sur Morlaix pour la candidature d’Émile Souvestre et lui recherche une salle pour ses rencontres publiques.

Ces hommes qui se connaissent se présentent comme concurrents plutôt que d’unir leurs forces. Les voies qu’ils ont pris sont-elles si éloignées à cette date ?

p. 84-85, M.Th. Cloître, 1848, un avenir politique pour Louis Rousseau ?

  • Si l’on a recours à « L’Océan », le nom de Louis Rousseau est mentionné pour la première fois le 27 mars. [….] le journal  publie la liste des candidats à la députation dont la profession de foi a été publiée ou qui ont été présentés par les électeurs. Suivent 35 noms dont 24 pour l’arrondissement de Brest et Louis Rousseau y figure qualifié de « cultivateur-propriétaire ». Y figure aussi dans une liste œcuménique Jules Feillet officier fouriériste. On y trouve aussi Emile Souvestre ou Aristide Vincent. […] le lieutenant de vaisseau fouriériste Feillet obtient 84 voix sur le vaisseau-école le « Borda ».

Louis Rousseau a obtenu 5.669 voix Il a eu des voix sur le navire-école des officiers obtenant le 3ème rang sur 19 devançant largement le lieutenant de vaisseau fouriériste Feillet, 84 voix.

L’explication du succès de Louis Rousseau pouvant tenir au fait qu’il ait deux gendres officiers de marine.

Ni Souvestre ni J.J Feillet ne seront élus.

Ses préoccupations pour la navigation

En 1853, lieutenant de vaisseau et commissaire rapporteur près les tribunaux maritimes à Brest, Jules Feillet demande, de préférence, le commandement d’un navire à vapeur à hélice et reçoit pour soutenir sa demande auprès du ministère de la marine, l’appui de son parent, A.C. Le Quellec, capitaine négociant à Bordeaux.

Suivant Brigitte & Yvonnick Le Coat dans leur ouvrage « Cap Horniers français »[7], Ange-Casimir Le Quellec né à Tréguier le 20 mars 1799 a navigué sur les lignes des Indes et des Antilles et ensuite sur la route du Cap Horn pour le compte, entre autres, de l’armateur A. de Conninck et en 1830 il commandait le « Marianne-Isabelle » parti de Bordeaux. En 1847 Bordes et le Quellec s’associent mais leur société ruinée par la révolution de 1848 va retrouver la prospérité en s’associant avec Armand Louis Ballande, qui développe le commerce avec le Pacifique et la Nouvelle-Calédonie.

Feillet est promu Capitaine de frégate le 7 juin 1855.

Vers la fin de sa carrière, le 28 janvier 1857, J.J. Feillet demande sa mise en retraite anticipée car il a accepté un poste pour enseigner à l’école nationale des Gardes Maritimes du Chili avec un autre de ses collègues. Ce poste avait été refusé par nombre d’autres marins mais ce qui a pu motiver J.J Feillet pour ce pays, ce sont les liens avec son parent, le négociant bordelais Le Quellec[8], qui travaille avec ce pays lointain et qui appuie  la demande de Feillet auprès du ministère. Dans son intervention, il mentionne Aimable Pinchon[9]. Ce dernier avait épousé en premières noces,  Angélina Pesron dont la mère était petite-fille du riche négociant Bersolle de Brest qui fut actionnaire de la société en commandite formée par Louis Rousseau.

Nous retrouvons donc encore une fois les entrecroisements  des réseaux de la Bretagne Nord et des liens avec les Pinchon/Souvestre.

Par ailleurs quelques interventions de sa part indiquent son souci constant de l’amélioration des conditions de navigation. Les dossiers de l’inventaire général pour l’ancien port de Trébeurden mentionnent un rapport de Feillet, capitaine de Frégate, sur le projet de cale de débarquement à Trozoul, 24 avril 1864 (sources : AD 22, S Suppl.219) :

Le capitaine en retraite Feillet s’exprimait ainsi dans sa note :

  • les bâtiments ne peuvent être « affalés » sans moyen de salut possible. Il évoque l’anse de Milio (sic dans le texte), excellent refuge à marée basse, mais qui nécessiterait un endiguement à marée haute. En effet, les vents dominants sont redoutables de secteur ouest-nord-ouest et nord-nord-ouest, à se protéger. La roche « Térien » au fond du port de Trézoul (sic), qui correspond à une chaîne de roches, une forme de barrage naturel, serait à compléter avec endiguement. Les ancres se battent sur les herbiers, dérapent. Il réclame en plus un feu sur Molène ou sur la pointe de Milio, en complément du phare des Triagoz.

Cette note sera suivie d’une pétition des élus locaux et des citoyens de la commune, dont le recteur en 1869. Cependant, l’administration conteste le point de vue de Feillet, jugeant le port de Trozoul, médiocre, dangereux aux abords, une passe étroite. Le port est fréquenté par 28 bateaux de pêche et 4 bateaux dragueurs de sable, de 1 m à 1, 50 m de tirant d’eau.

 En 1868, Jules Feillet se préoccupe  une nouvelle fois des multiples naufrages dans l’archipel de Molène et, dans un éditorial du journal  « L’Armoricain » en date du 23 juin, note qu’ « en sept ans, 50 navires ont sombré ou ont été broyés contre les écueils de l’archipel de Molène »[10] A l’époque la liaison entre l’île et le continent se fait par voiliers. Il n’existe pas encore de service régulier à vapeur.

La suite de son engagement fouriériste

Suivant l’ouvrage de Kerviler, J.J.Feillet est dit collaborateur de « L’Économiste français ». Ce journal est fondé en 1861 par Jules Duval[11] (1813-1870). Homme de presse gagné aux idées fouriéristes en 1836, Duval fut le collaborateur de Victor Considerant à l’École Sociétaire. Il s’engage en faveur des colons contre l’administration militaire sous les régimes de Louis Philippe et Napoléon III. De 1847 à 1861, il dirige un domaine agricole dans la région d’Oran tout en poursuivant ses activités journalistiques. Dans cette même région de l’Algérie vivent les deux soeurs dont le rôle de lien entre les deux hommes serait à mettre en évidence.  De retour à Paris, Duval consacre ses dernières années au mouvement coopératif.

Cette collaboration indique bien que J.J.Feillet a gardé ses idéaux de jeunesse et est à compter au nombre des « socialistes utopistes ». Souvestre et principalement Ange Guépin, ses condisciples de Rennes, sont aussi en contact avec Victor Considerant et collaborent à son journal « La Démocratie pacifique ».

La vie de famille

La famille Feillet réside à Brest vers 1850.

Jules-Jean signe le certificat de décès à Taulé en 1851, de sa belle-mère, la demi-sœur d’Emile Souvestre, Françoise-Catherine épouse Pinchon qui recevait à son foyer les amis de son frère.

Après le décès d’Émile Souvestre, sa troisième fille, Adah-Ana, revient en Bretagne et est hébergée chez sa tante Feillet à Brest dont Guillaume Lejean dans un premier courrier ignore le lien de parenté avec l’écrivain car il évoque « une dame Feillet », puis quelques semaines ensuite rectifie, « sa parente Feillet». Adah-Ana se rend ensuite quelques temps à Quimperlé chez ses cousins Peyron, Sylvain et son épouse Zoë Guillou de Penanros. Au foyer vit également Émilie Peyron, sœur aînée de Sylvain qui mena une vie bien éloignée de la représentation que nous pourrions avoir d’une femme provinciale restée célibataire. .

  •  Elle ne suivit pas d’études régulières mais aimait écrire et avait appris l’anglais et c’est ainsi qu’elle traduisit de l’anglais « les auteurs les plus difficile » selon son frère. Elle rédigea ses mémoires en 1830 mais également un roman « Rustephan » sous le pseudonyme de Miss Norpley.  Elle fit des séjours en Angleterre où elle avait des amis et fit profiter ses neveux et nièces de ses talents en les initiant à la musique et à la langue anglaise.

Elle voyagea en Europe et accompagna son neveu le chanoine Paul Peyron en Italie.

Cette biographie d’Anne Brillet[12] nous apprend aussi que Sylvain Peyron était grand ami de Théodore Hersart de la Villemarqué ce qui nous éclaire sur les échanges possibles entre ce dernier et Émile Souvestre.

Le recensement de Brest en 1856 donne :

12 Rue du Gay Trouin  Jean Jules Feillet capitaine de frégate  47 ans

– Eugénie Pinchon sa femme 45 ans.

– Fille Lucie 17,  Henri  12,  Paul 10.

– 1 domestique

Or l’ouvrage de René Kerviler mentionne une fillette née sur le tard, Céline née le 1er janvier 1856. Sa mère est déjà âgée et il est probable que suivant les usages en cours l’enfant fut mise en nourrice dans les environs ce qui expliquerait qu’elle ne soit pas présente lors du passage des agents recenseurs. Céline Feillet, poète et écrivain, se fera le porte parole de plusieurs figures bretonnes du XIXème siècle, dont Émile Souvestre. ’

 

J.J. Feillet décède en 1886 et sa veuve Eugénie écrit aux services de la Marine afin de toucher sa pension (1667 L).

Lorsqu’à son tour en 1898, Eugénie  meurt à l’âge de 87 ans, elle demeurait place du Corosen à Saint-Pol-de-Léon et c’est son neveu, Rémy Andrieux, second fils d’Aristide et d’Angélina Pinchon qui déclare le décès.

Les descendants de Jules et Eugénie

 Lucie Feillet -Lécureux

Lucie, l’aînée des quatre enfants de Jules Jean et Eugénie Feillet, est devenue l’épouse de Théodore Lécureux, fils de François Théodore Lécureux qui en 1835 était chef d’orchestre de l’opéra de Brest et directeur de l’École de musique et de pratique vocale. Il était également organiste. J.Yves Guengant dans son ouvrage sur « Brest et la Franc-Maçonnerie », indique que Fçs Théodore Lécureux était  musicien de la Marine et fut initié à la Loge des Élus de Sully en juin 1823. Sa mère, Sophie Thérèse Le Bail est décédée en 1845.

Ils ont un fils, Lucien-Théodore (1880-1918) dont descend Bernadette Lécureux qui écrivit un ouvrage sur Morlaix pour sa thèse de l’École des Chartes ; et trois filles, Marguerite ; Marie et Lucie.

Paul Feillet

Le frère aîné de Céline, Paul Feillet, est tout d’abord officier de santé à Daoulas puis percepteur à St Pol de Léon. Il fait également quelques tentatives d’écriture citées par R.Kerviler : Paul Feillet a publié sous le pseudonyme Henry d’Élyenne, « Le Pays Bleu, Histoire d’amour. Conte croustillant à l’usage des gens rassis », Landerneau, J.Desmoulins, petit in-8° sans pagination.

Sous son nom, « Étymologies bretonnes tintamarresques » parues dans « L’Hermine » de 1895, XII, p.141.

Paul Feillet épouse Emma Simon. Elle est la fille de Charles Marie Prosper Simon[14] (1808-1872), officier de marine du même âge que Jules Jean qui est nommé contre-amiral le 9 mai 1863, commandeur le 12 août 1857 et major général de la Marine à Brest. Par le biais de Cécile Carof (1816-1890) qui devint madame Simon le 20 juin 1835 à Brest, nous retrouvons les liens déjà si fréquemment rencontrés avec la famille Pinchon et c’est ainsi que Prosper apparaît sur l’acte de naissance de Céline en tant que « oncle ».

Paul et son épouse Emma ont eu au moins 3 enfants, Paul, Édith et Clotilde.

Henri Feillet

Quant à Henri j’ignore ce qu’il devint.

Céline Feillet

En 1892 parution de la monographie sur « Paul Féval ».

Le choix de ces figures bretonnes marque son attachement à la Bretagne

Âgée d’une trentaine d’années, Céline Feillet est donc régulièrement mentionnée dans la revue « L’Hermine, revue littéraire de Bretagne » initiée par Louis Tiercelin et dans laquelle on peut lire des œuvres d’autres amis de l’écrivain morlaisien tel que  Boulay-Paty[13].

C. Feillet alterne donc entre deux types d’écriture, la poésie et les biographies de bretons illustres.

Dans « L’Hermine », 5ème année, T.IX, 1893-1894, le rédacteur Louis Tiercelin mentionne  Céline Feillet pour deux poèmes.

Ensuite il devient difficile de suivre le devenir de Céline Feillet. Un des derniers poèmes rédigé par Céline et paru dans la revue « L’Hermine », est dédié à une certaine Louise. C.  Il est envoyé de Fougères -35-.

Selon R.Kerviler, Céline Feillet va ensuite se retirer du monde et abandonner ses activités littéraires pour entrer en religion mais sans indication sur la congrégation il ne m’a pas été possible encore de retrouver la suite de sa vie.

Cependant, deux filles de Lucie, sœur aînée de Céline, Marie et Lucie sont mentionnées dans un ouvrage de Jean Hamelin[15] sur le Père Eugène Prévost (1860-1946), fondateur des Sœurs oblates de Béthanie. Cela pourrait-il être une indication sur les choix de Céline Feillet ?

Marie est devenue Sœur Marie du Saint Sacrement après avoir été admise comme dame pensionnaire en 1907 puis tertiaire et enfin, directrice de la pension de famille de Béthanie. Lucie également est entrée dans les ordres de cette congrégation sous le nom de Marie de Nazareth et elle est à Paris le 5 août 1911 pour l’ouverture d’une nouvelle communauté. (p.328)

En 1911, les Oratoriennes de Brest s’affilient à la Fraternité Sacerdotale, communauté fondée en 1880 par le Père Prévost sous l’autorité de Monseigneur Jourdan de la Passardière[16] et placée sous la responsabilité de Mademoiselle Laure Salvagniac, en religion, Mère Saint François d’Assise.

L’évolution de cette famille est l’illustration d’un passage des engagements sociaux et utopistes d’un père sans doute républicain et plus ou moins anticlérical dans sa jeunesse vers une reprise en force de la religion ceci à l’image de l’évolution de la société du XIXème siècle et de ses transformations sociales.

                                                           M-Françoise Bastit-Lesourd

Sources

AD 35. 16T 2 1812 1821 Lycée de Rennes.

Feillet Jules né le 24 fev 1809 à Lorient  P Joachim M Louise Chauvel  demeurant à St Pierre et Miquelon,  entré le 14 oct 1824  correspondant Mr Chauvel pl Toussaints à Rennes

Selon certaines sources, un article de J.J Feillet, « Mémoires d’un commissaire », 1832, serait paru en 2 livraisons in Annales de Bretagne Année ? Mais au regard des dates du début de la publication en 1880, la date de 1832 s’avère impossible. Par contre un article sur les Mémoires d’un commissaire  fut publié mais non rédigé par Feillet

« Les Elus de Sully et de Fourier ». Une rencontre durable entre franc-maçons brestois et fouriéristes, 1839, Jean-Yves Guengant, 2008, “Le Cahier 18 ”, charlesfourier.fr, rubrique : “Actualités”, janvier 2008, URL http://www.charlesfourier.fr/article.php3?id_article=448


[1] A St Servan -35-, existait une colonie de réfugiés acadiens forte d’une soixantaine de personnes. In www.geocities.com  « Chronologie des Îles ». A cette époque le nom de la ville de St Servan est Saint Énogat.

[2] Est franc-maçon comme son père François-Marie Andrieux et son grand-oncle François dit Germain Andrieux à Morlaix.

[3], J.Y Guengant, p. 135, Ange Guépin, Loge de Mars et les Arts réunis de Nantes.

[4] Jean-Marie Constant Duhamel (1797-1872), mathématicien et physicien français. Reçu une première fois à l’École polytechnique en 1813, il préfère se présenter de nouveau pour être mieux classé. Reçu une seconde fois en 1814, il est licencié avec sa promotion en 1816. Inscrit ensuite à la faculté de droit, il est de nouveau exclu, pour ses sentiments libéraux. Époux de Virginie Bertrand, sœur du docteur Alexandre Bertrand

[5] Colloque de Daoulas (1er-2 avril 2005),  Louis Rousseau, les saint-simoniens et la Bretagne, Actes réunis par B.Waché et B.Plötner-Le Lay, LHAMANS et CRBC, 2005.

[6] Aristide Andrieux a épousé en 1834, Angélina Pinchon, sœur cadette d’Eugénie.

[7] Brigitte et Yvonnick Le Coat, Cap-Horniers français, T.1, Mémoire de marins des voiliers de l’armement Bordes, éd Le Chasse-Marée. Éditions Ouest-France, Rennes, 2002.

[8] Ange-Casimir Le Quellec, Tréguier 20 mars 1799- Bordeaux 16 juin 1860.

[9] En effet, Aimable Pinchon, jeune beau-frère de Françoise Catherine Souvestre, après des débuts difficiles, poursuit son ascension dans les échelons des Douanes et exerce alors la fonction de directeur dans différentes villes. Il est à Libourne en 1836 mais jamais à Bordeaux. Alfred Pinchon fils d’Aimable est lui aussi dans l’administration des Douanes. Ce n’est que tardivement dans sa carrière qu’il est en poste à Bordeaux et dans cette ville, sa fille Marie Aimée Antoinette, née en 1863, épouse André Ballande, né en 1857, négociant et armateur ce qui conforte la proximité des liens entre ces familles.

[11] Saïd Almi, Urbanisme et colonisation, Présence française en Algérie, éd Mardaga, 2002.

[12] Anne Brillet, Une famille bretonne au XIXème siècle, Les mémoires d’Émilie et Sylvain Peyron de Quimperlé, Bulletin de la S.A.F, 1982, tome CX, Quimper.

[13] Évariste Boulay-Paty, né à Donges en octobre 1804. S’installe à Paris en 1829 où il est secrétaire du Duc d’Orléans puis en 1830, il est bibliothécaire du Palais Royal dans la suite d’Alexandre Dumas démissionnaire. (Selon Vapereau, Dictionnaire des Contemporains). Il décède à Paris en 1864.

[14] Charles Marie Prosper Simon est le fils de Charles Michel né le 28 décembre 1776 à Brest-St Louis- et décédé le 24 novembre en cette ville où il était ingénieur maritime.  Il épousa le 29 juillet 1807, Modeste Henriette Fournier 1785-1857. Le grand-père de Prosper est François Simon (1728-1779) marié à une jeune femme originaire de Picardie, Marie Élizabeth Ursule Bruslé (1774-1811).

Cécile Carof, l’épouse de Prosper est la fille de Jacques Pierre Théophile (1787-1864) époux de Reine Perrine Josèphe Aimez (1791-1853), fille de Jacques Rémy et de Catherine de Grooters mariés à Quimper en 1812.

Son grand-père Gilbert Carof de Kervezec est marié à Cécile Françoise Perrine Boudier, sœur de la première épouse de Jean Baptiste Souvestre. Son père, Jean Baptiste Boudier de Suguenson est marié à Thérèse Pinchon.

[15] Jean Hamelin, Le Père Eugène Prévost, 1860-1946,  Je veux devenir un saint,  Les Presses de l’Université de Laval, 1999.

[16] F.Jourdan de la Passardière, Émile Souvestre, Revue de Bretagne XLIII, 1910, p.228-304 ; XLIV, 1910, p.93-103 ; 1914, p.35-38.

Léocadie Feillet-Dagorn 1811-1873

Épouse puis veuve d’un officier. Installée à Oran, elle exerce la profession d’enseignante et directrice de pension mais également celle d’imprimeure du journal L’Avenir algérien. Elle fréquente le fouriériste Jules Duval et est sans doute la source d’information de son frère Jules-Jean, avec la colonie agricole d’Afrique et sa sensibilisation à des questions comme celles des femmes médecins pour les soins aux populations féminines locales.

Léocadie naît le 31 mai 1811 à Lorient.
Elle passe sa jeunesse à Miquelon avec sa famille.
Les parents Feillet sans doute sur l’incitation de Jules-Jean qui a connu cette région par ses condisciples de la Marine, viennent s’installer pour leur retraite à côté de Douarnenez-29-. Léocadie y fait la connaissance de Jean Dagorn qu’elle épouse le 12 septembre 1834

Jean-Marie Dagorn est né le 16 avril 1810 à Tréboul à côté de Douarnenez. Il est militaire. Jules Feillet est absent pour la cérémonie car il navigue sur « La Chimère », un navire à vapeur. Autres douarnenetistes : Eugène Béléguic et Jean Le Bris connu comme le pionnier de l’aviation et Emile Chevé. Ces différents jeunes gens du même âge et du même milieu social ont des centres d’intérêt communs politiques mais également scientifiques autour de la mécanisation.

La période algérienne

Le site BIGENET : deux actes nous renseignent sur la période de vie algérienne de Léocadie
Lorsqu’elle décède à Oran le 10 mai 1873, à 62 ans, elle est dite « imprimeur ». Elle demeure bd Malakoff. Le décès est déclaré par son gendre Edmond Gros, professeur au collège d’Oran .
Son mari décède lors de la bataille de Sébastopol, le 18 octobre 1854.
Depuis quand vivait-elle  en Algérie ? Sans doute  dès 1847 car son frère Jules-Jean est un des actionnaires de la compagnie du SIG à partir de ces années-là et il est fort probable que son intérêt pour cette expérience fouriériste est renforcé par le fait que ses deux sœurs et son beau-frère Dagorn soient installés à Oran. Sa participation diminue dans les années 70  et c’est peut-être en lien avec le décès de Léocadie en 1873.

En 1861, Léocadie est maîtresse de pension à Oran. Sans enfant, elle adopte une jeune femme maîtresse de pension dans l’établissement, ceci avec le consentement de la mère de la jeune femme.

En 1868, avec Honoré Pajade, madame Vve Dagorn, imprimeur du même journal L’Avenir algérien, est traduite devant le tribunal. Elle a 57 ans.

Sa sœur aînée, Louisa vit également à Oran et le 20 juillet 1884, elle décède à l’âge de soixante-dix-neuf ans à son domicile de la rue d’Angers. Elle est restée célibataire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s